A trois mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, toute la société civile est inquiète par rapport aux conséquences de l’absence de plusieurs candidats potentiels de la liste électorale, des arrestations sommaires d’opposants, du manque de dialogue social inclusif et autres ; d’où le grand rassemblement de ce samedi 19 juillet 2025 au stade d’Anono autour du thème : « Elections dans un climat de paix en Côte d’Ivoire ».
Organisé par le Comité de réflexion pour des élections inclusives, transparentes et apaisées en Côte d’Ivoire (CREITA-CI) dont Pulchérie Gbalet est la Coordinatrice, la rencontre a réuni plusieurs organisations de la société civile membres dudit Comité de réflexion.
Après la libation de la chefferie d’Anono, le plaidoyer de Jean Didier Brousset, Président du comité d’organisation (PCO) qui a plaidé auprès du président de la République pour l’ouverture d’un véritable dialogue politique inclusif afin de construire une paix durable, le représentant de Jean-Marc Yacé, maire de la commune de Cocody a salué l’initiative du CREITA-CI et a félicité Pulchérie Gbalet et toute son équipe pour ce rassemblement.
Les guides religieux : l’Abbé Christian, vicaire de la Paroisse Saint Xavier d’Anono et M. Domba, président des musulmans d’Anono, représentant l’Imam central dudit quartier, ont successivement annoncé que les signaux ne sont pas bons à l’approche de l’élection présidentielle. Ils ont exhorté tout un chacun à être acteur de la paix.
Au niveau de la deuxième série des allocutions, des responsables de structures de la société civile ; à savoir : Sahin Adou Angèle, présidente du Réseau des Associations des femmes ivoiriennes (RAFI) ; Ismael Kanté, représentant du Conseil national des Droits de l’Homme (CNDH) ; Tia Marcel, président du Conseil national des syndicats agricoles de Côte d’Ivoire ; Irié Michel, porte-parole des déguerpis de Banco 1 et M. Lago, président des étudiants des universités et des grandes écoles privées de Côte d’Ivoire, ont parlé d’une même voix.
Pour eux, il faut œuvrer pour la paix. Cela sous-entend des élections sans blessé, ni mort, ni déplacé.
Pour Pulchérie Gbalet, la gouvernance clanique, le dialogue politique sans la société civile, la trahison du peuple sous toutes ses formes par les gouvernants, ne doivent plus être à l’ordre du jour.
« Nous ne voulons plus de lois taillées sur mesure », a-t-elle ajouté.
Avant de faire les propositions suivantes : organiser un dialogue social inclusif avant fin août 2025 ; la transparence du scrutin avec la recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI) ; le respect du peuple par les acteurs politiques.
« Jeunes de Côte d’Ivoire, la paix est dans vos mains. Car si la jeunesse dit non à la violence, elle ne prospèrera nulle part », a conseillé Mme Gbalet.
Elle a résumé le profil du meilleur candidat à l’élection présidentielle en cinq points.
Elle estime qu’avant de porter son choix sur un candidat, l’électeur doit premièrement revoir sa propre situation actuelle et se poser la question de savoir si elle a évolué ou pas sous le mandat du candidat sortant.
Deuxièmement, il doit se poser la question de savoir si le candidat est à la hauteur de ce qu’il souhaite demain en tant qu’électeur.
Troisièmement, l’électeur doit décrypter le curriculum vitae politique du candidat pour savoir s’il est le bon choix.
Quatrièmement, il doit savoir pour qui il vote. Pour ce faire, il doit connaître la vie actuelle et le passé du candidat.
Cinquièmement l’électeur doit s’interroger si le candidat qui l’a approché aime les Ivoiriens et peut les réconcilier.
Il est important de mentionner que pour cette rencontre, plusieurs délégations de la société civile sont venues des autres communes d’Abidjan et de l’intérieur du pays pour dire ‘’ Plus jamais ça’’ ; c’est-à-dire plus jamais de violence politique, d’injustice, d’intimidation, d’impunité, d’exclusion, de troubles pré et post-électoraux…
S.A