HAMBOL/ DION SALOMON, PORTE-PAROLE DES AUTO-ECOLES : « LA CORRUPTION A DURABLEMENT FRAGILISE LES STRUCTURES DU SECTEUR »

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Suite à l’annonce du gouvernement de durcir les sanctions contre les conducteurs sans permis, nous avons rencontré le jeudi 12 mars 2026, Dion Salomon. Directeur d’auto-école à Dabakala et porte-parole régional, il livre un diagnostic sans concession sur un secteur miné par l’indiscipline et les complicités administratives.

Depuis quand êtes-vous porte-parole des auto-écoles de la région ?

Il y a exactement 4 ans que j’occupe ce poste. Cela témoigne d’une stabilité au sein de notre organisation régionale. Notre priorité reste le respect scrupuleux de la législation ivoirienne. Nous avons conscience que la vie des usagers de la route repose entre les mains des conducteurs que nous formons.

Que pensez-vous de ce secteur très difficile où règne souvent l’indiscipline ?

​Le mal est profond. Si le désordre règne, c’est parce que certains responsables administratifs des transports, censés exercer un rôle régalien, cautionnent la corruption lors des examens. Certains acteurs politiques aggravent la situation en distribuant des « bons de permis » à bas prix. Cela favorise l’émergence d’auto-écoles de fortune, dépourvues de matériel pédagogique, qui délivrent des documents sans formation réelle.

L’État a récemment décidé de sanctionner sévèrement la conduite sans permis. Est-ce selon vous, la solution ?

​C’est un début, mais c’est encore insuffisant. L’approche actuelle manque de fermeté globale. Au-delà du défaut de permis, de nombreuses infractions restent impunies ; à savoir : les véhicules circulant sans éclairage la nuit, l’alcool au volant ou l’usage de stupéfiants. Il faut renforcer la formation des agents sur le terrain pour garantir une régulation efficace. Il ne faut plus de demi-mesures.

Depuis ces nouvelles mesures, avez-vous engagé un dialogue avec les acteurs locaux ?

​Absolument. Nous organisons des rencontres régulières entre responsables d’auto-écoles pour harmoniser nos méthodes de formation et sensibiliser les chauffeurs. Cependant, la route est encore longue car la corruption a durablement fragilisé les structures du secteur.

Quelles solutions préconisez-vous pour assainir durablement le milieu ? Mon souhait le plus ardent est de proposer au ministre des Transports et des Affaires maritimes, l’organisation des états généraux de la sécurité routière. Il est impératif que chaque acteur (administration, formateur et force de l’ordre) assume ses responsabilités. C’est le seul moyen pour freiner l’anarchie actuelle.

Votre message pour l’année 2026 ?

Je souhaite que 2026 soit l’année de la prise de conscience, de la discipline et du civisme. La sécurité routière n’est pas qu’une question de règles. C’est un levier de développement qui préserve des vies humaines. Excellente année à toutes et à tous.

REALISE PAR WAHOU BLAISE (CORRESPONDANT)

 

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