Selon un communiqué de presse émanant de Kinshasa dont nous avons reçu copie ce lundi 22 septembre 2025, un nouveau rapport publié par la GSMA lors du Digital Africa Summit, révèle que la République démocratique du Congo (RDC) pourrait générer 9 800 milliards CDF de contribution supplémentaire au PIB et connecter 9,7 millions d’utilisateurs uniques supplémentaires à l’internet mobile d’ici 2029, si des réformes ciblées en matière de politiques publiques et d’infrastructures sont mises en œuvre.
Intitulé « Stimuler la croissance économique grâce à la transformation numérique en RDC », le rapport explique comment une économie numérisée, alimentée par les infrastructures mobiles, peut devenir un catalyseur de croissance, d’inclusion et de productivité dans des secteurs clés tels que l’agriculture, les mines et les services publics.
UNE POPULATION JEUNE ET CONNECTEE, MAIS CONFRONTEE A DES OBSTACLES STRUCTURELS
La RDC compte plus de 100 millions d’habitants, avec une population jeune et une demande croissante de services numériques, précise la note. Qui explique que le téléphone mobile est l’outil le plus utilisé pour accéder à internet, et l’argent mobile constitue une bouée de sauvetage pour des millions de personnes dans une économie encore largement sous-bancarisée.
Cependant, malgré cette dynamique, seulement 45 % de la population bénéficie actuellement d’une couverture internet mobile, et l’accessibilité financière demeure un obstacle majeur. Les appareils et les forfaits restent inabordables pour beaucoup, tandis que les zones rurales souffrent d’infrastructures faibles et d’un accès irrégulier à l’électricité. Par ailleurs, le secteur mobile est grevé par des régimes fiscaux complexes et des lourdeurs réglementaires qui freinent les investissements.
Si ces défis sont relevés, un puissant moteur économique pourrait être activé pour le pays. Le rapport de la GSMA propose une feuille de route pour permettre aux décideurs politiques et aux acteurs industriels d’y parvenir.
UN APPEL A LA REFORME DES POLITIQUES PUBLIQUES
Le rapport souligne que des réformes fiscales et réglementaires ciblées sont essentielles pour libérer ce potentiel de croissance.
La contribution du secteur mobile au PIB total de la RDC était estimée à 63-64 milliards USD en 2022 et à 66 milliards USD en 2023.
Les opérateurs mobiles en RDC sont actuellement confrontés à un environnement fiscal complexe qui compromet la pérennité des investissements.
La simplification et l’harmonisation de la fiscalité, l’accès accru aux énergies renouvelables pour les infrastructures télécoms et la garantie d’un accès abordable au spectre constitueront des leviers clés de croissance.
Le rapport recommande la mise en place d’un cadre national collaboratif pour accélérer une croissance numérique inclusive, articulé autour de cinq priorités urgentes : moderniser les cadres fiscaux (rationaliser et simplifier la fiscalité sectorielle afin de réduire les prix pour les consommateurs et encourager l’investissement); renforcer la planification des infrastructures numériques et énergétiques. En clair, il faut coordonner les politiques énergétiques et télécoms pour combler les lacunes d’accès dans les zones rurales; accélérer le développement des compétences numériques (préparer les citoyens à la participation numérique grâce à des partenariats public-privé) ; élargir l’accès au spectre et réformer les licences (garantir une disponibilité abordable du spectre au moyen de processus transparents et favorables à l’investissement); exploiter le mobile pour la prestation de services publics (intégrer les plateformes mobiles dans l’éducation, la santé et l’administration afin d’accroître leur portée et leur efficacité).
POINTS SAILLANTS DU RAPPORT :
-9 800 milliards CDF de contribution supplémentaire au PIB d’ici 2029 (contre 4 300 milliards CDF en 2021).
-9, 7 millions de nouveaux utilisateurs de l’internet mobile attendus entre 2021 et 2029.
-Plus de 8 600 milliards CDF de valeur économique pourraient être générés dans les secteurs minier, agricole et des services publics grâce à l’adoption des technologies mobiles.
-Une opportunité majeure de réduire la fracture numérique existe grâce à la réforme du spectre et à des politiques énergétiques ciblées.
Angela Wamola, Directrice Afrique à la GSMA, a déclaré ceci selon le communiqué: « La République démocratique du Congo a l’opportunité de franchir une étape décisive vers une économie numérique. Mais pour réaliser pleinement ce potentiel, des réformes en matière de fiscalité, de gestion du spectre et d’infrastructures énergétiques doivent être priorisées. L’industrie mobile est prête à collaborer avec le gouvernement pour offrir une croissance inclusive, portée par la technologie. »
S.A