Lancée officiellement le 6 février 2026 à Yamoussoukro, la campagne de commercialisation de la noix de cajou 2026 s’ouvre sous le signe de la crispation.
Fixé à 400 FCFA le kilogramme, le prix bord champ peine à convaincre les producteurs de la région du Hambol, alors que les acheteurs pointent du doigt la qualité du produit.
UNE LEGERE BAISSE QUI NE PASSE PAS
Après une embellie en 2025 où le prix était monté à 425 FCFA, le gouvernement a annoncé une baisse du prix de 25 FCFA pour cette nouvelle saison.
Pour les paysans de Katiola, Niakara et Dabakala, cette décision sonne comme un coup d’arrêt.
Dans les vergers du Hambol, la déception est palpable. Traoré B., producteur dans la sous-préfecture de Katiola, rencontré le jeudi 12 février 2026 ne cache pas sa désolation en ces termes : « Je m’attendais à un prix compris entre 700 et 1 000 FCFA. Ce montant ne reflète ni nos efforts, ni les réalités économiques actuelles ».
À Niakara, le sentiment d’injustice est renforcé par la comparaison avec d’autres filières. « Nous pensions que l’État suivrait la dynamique du cacao en passant à 700 FCFA », regrette Koné Y. rencontré le mercredi 11 février 2026. Pour lui, comme pour Coulibaly D., producteur à Fronan, la cherté de la vie rend ce prix de 400 FCFA insuffisant pour couvrir les besoins essentiels, tels que la santé ou la scolarisation des enfants.
Au-delà du prix officiel, une autre crainte hante les villages, celle des « acheteurs véreux ».
Ces intermédiaires qui, profitant de la vulnérabilité des producteurs, proposent souvent des prix inférieurs au plancher fixé par l’État.
LA QUALITE : LE NŒUD DU PROBLEME POUR LES ACHETEURS
Du côté des opérateurs économiques, le discours est plus nuancé. Pour Ouattara V., acheteur dans la région, le prix fixé n’est pas le véritable obstacle. Le problème résiderait plutôt dans le respect des normes post-récolte.
« Les producteurs ne sèchent pas et ne trient pas assez leurs noix », affirme-t-il.
Cette négligence impose aux acheteurs des coûts supplémentaires.
« Nous devons recruter des jeunes pour le séchage de l’anacarde humide et des femmes pour le tri avant la mise en sac », ajoute-t-il.
UN DEFI DE CONFORMITE POUR LE HAMBOL
Pour que cette campagne 2026 soit une réussite dans les départements de Katiola, Niakara et Dabakala, le défi sera double : le respect strict du prix bord champ par les collecteurs ; l’amélioration de la qualité du produit par les producteurs.
WAHOU BLAISE (CORRESPONDANT)