AXE BOUAKE-KATIOLA /USAGE DU GAZ BUTANE DANS LE TRANSPORT : UNE PRATIQUE DANGEREUSE

UNE IMAGE DE VEHICULE UTILISANT DU GAZ. PH.D'ARCHIVES.
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Sur l’axe Bouaké-Katiola long d’environ 50 kilomètres, des chauffeurs alimentent leurs véhicules au gaz butane, défiant la loi et mettant la vie des passagers et riverains en danger.

Dans le coffre arrière d’un taxi interurbain ou mini-car, est parfois placé du gaz butane domestique qui remplace le carburant.

Cette pratique, strictement interdite par la loi ivoirienne, prospère dans l’ombre en raison du prix élevé du carburant.

« Avec une bouteille de gaz à 5 200 FCFA, je peux faire plus de deux voyages entre Bouaké et Katiola et ramener de l’argent à la maison. Mais avec l’essence, je travaille à perte », confie A. T., chauffeur de taxi interurbain.

Celui-ci ignore le risque d’incendie et d’explosion mortelle en cas de violent choc.

Les installations sont souvent rudimentaires : une bonbonne de gaz posée dans le coffre ou sous un siège, reliée au moteur par des tuyaux d’arrosage ou de frigidaire, sans vanne de sécurité, ni détecteur de fuite.

Il suffit d’une étincelle, d’un court-circuit ou d’un choc pour que le pire se produise.

L’on se souvient il y a quelques années qu’à Duékoué, cinq passagers d’un taxi-brousse ont été grièvement blessés suite à une fuite de gaz.

« Ce sont des brûlures souvent très profondes, car le gaz provoque des flammes à très haute température. Les séquelles sont à vie », explique un agent de santé, rencontré à Bouaké ce jeudi 29 janvier 2026 qui préfère garder l’anonymat.

Au-delà du risque d’explosion immédiat, cette pratique constitue un poison quotidien. Car les fuites chroniques de butane exposent les passagers et les chauffeurs à des vapeurs nocives pour la santé.

UNE IMPUNITE INQUIETANTE

La loi N° 92 – 469 du 30 juillet 1992 interdit l’utilisation du gaz butane comme carburant pour les véhicules, notamment les taxis, afin d’éviter les risques d’explosion. Cette pratique dangereuse est considérée comme un désordre urbain et une menace pour la sécurité publique.

Malgré sa persistance, rien n’est fait par les autorités compétentes.

CE QUE DOIT FAIRE L’ETAT

Les solutions existent, mais elles nécessitent une volonté politique ferme et une action concertée.

Il faut une répression ciblée menée par les Forces de l’ordre (Police, Gendarmerie) et les services des Mines et de l’Énergie, après des ‘’opérations coup de poing’’.

En outre, l’État et les collectivités doivent travailler avec les syndicats de transporteurs pour trouver des solutions viables : promotion et subvention du GPL (gaz de pétrole liquéfié) automobile, dont les installations sont normées et sûres ; soutien à la transition vers d’autres énergies propres.

Aussi une campagne de sensibilisation est-elle nécessaire. Il faut en effet, publier des spots radios en langage familier et ou langue locale ; distribuer des affiches dans les gares et diffuser des témoignages de victimes à la télévision.

W.B