22 juin 2026, Brazzaville : Des réformes politiques et réglementaires ciblées pourraient débloquer 870 milliards de FCFA en valeur économique supplémentaire, créer plus de 144 000 emplois et connecter plus de 540 000 personnes supplémentaires aux services Internet mobiles d’ici 2030 en République du Congo, selon un nouveau rapport de la GSMA.
Le rapport, Favoriser la transformation numérique de l’économie en République du Congo, met en lumière comment la numérisation – rendue possible par la connectivité mobile et des services financiers numériques tels que l’argent mobile – peut accélérer la productivité, renforcer la mobilisation des recettes publiques et soutenir la diversification économique, conformément à la Stratégie numérique du Congo 2030 et au Plan national de développement 2022-2026.
Caroline Mbugua, Directrice principale des politiques publiques et de la communication à la GSMA, a déclaré : « La République du Congo a construit une base solide en connectivité mobile, mais combler l’écart d’utilisation nécessite désormais des réformes budgétaires, réglementaires et de la demande coordonnées. En créant un environnement plus prévisible et favorable à l’investissement, le pays peut libérer une valeur économique significative, renforcer les systèmes de revenus publics et accélérer une transformation numérique inclusive. »
UNE CONNECTIVITÉ ÉLEVÉE MAIS UN ÉCART D’UTILISATION PERSISTE
Révélé lors du Sommet Digital Africa de la GSMA au Congo, le rapport montre que la République du Congo a réalisé de solides progrès dans l’expansion des infrastructures numériques, 86 % de la population étant couverte par les réseaux 4G. Cependant, seulement 19 % de la population utilise Internet mobile, tandis que 70 % de ceux qui sont couverts restent hors ligne, ce qui met en lumière un écart d’utilisation important.
L’adoption des smartphones reste limitée, reflétant l’accessibilité financière et les barrières d’accessibilité. Alors que l’adoption de la monnaie mobile croît rapidement, les contraintes d’accessibilité, les compétences numériques limitées et les défis réglementaires continuent de limiter l’adoption plus large du numérique.
Selon l’indice GSMA Digital Nations and Society (2025), le Congo obtient un score de 26 sur 100, avec un score de 33 sur 100 dans le Digital Policy and Regulatory Index, soulignant la nécessité de renforcer l’environnement favorable. S’attaquer à ces obstacles sera essentiel pour libérer la transformation numérique dans tous les secteurs, notamment l’agriculture, la fabrication, les transports, le commerce, la santé et l’administration publique.
UNE PRIORITÉ D’INVESTISSEMENT STRATÉGIQUE
L’élargissement de la couverture 4G de 89 % à 97 % de la population nécessitera des investissements supplémentaires, soutenus par un environnement politique numérique comme une priorité stratégique d’investissement et établit une feuille de route pour libérer le potentiel numérique du pays.
Si elles sont mises en œuvre, ces réformes pourraient aboutir aux mesures suivantes d’ici 2030 :
Plus de 540 000 utilisateurs mobiles supplémentaires, portant le total à environ 2,2 millions d’utilisateurs (environ 31 % de la population);
870 milliards de FCFA en valeur ajoutée supplémentaire dans les secteurs économiques clés et les services publics;
Plus de 144 000 nouveaux emplois ont été créés;
Un impact fiscal net d’environ 93 milliards de FCFA en 2030, porté par une croissance économique plus large et une collecte fiscale plus efficace;
174 milliards de FCFA en recettes fiscales additionnelles cumulées sur la période jusqu’en 2030.
UN APPEL À UNE RÉFORME POLITIQUE COORDONNÉE
Le rapport identifie quatre domaines prioritaires de réforme pour accélérer la croissance numérique inclusive:
Renforcer l’environnement d’investissement dans les infrastructures :
mener des examens de marché et de concurrence, permettre des licences neutres et unifiées en matière de technologie, réformer la politique du spectre, réduire les frais réglementaires et de spectre excessifs, améliorer la coordination énergétique, rationaliser les approbations des droits de passage et renforcer la gouvernance et la transparence du Fonds de service universel.
Utilisez la technologie numérique pour augmenter les recettes gouvernementales et optimiser la fiscalité sectorielle :
accélérez les systèmes de collecte d’impôts numériques et les paiements sans espèces tout en réformant les impôts sectoriels. Les principales recommandations incluent la suppression de la taxe sur les communications électroniques (TTCE), l’annulation de la taxe sur les appareils compatibles avec SIM de 10 000 % CFA, la réduction des prélèvements sur les retraits d’argent mobile, l’élimination des droits de douane sur les smartphones d’entrée de gamme, et l’amélioration de la prévisibilité fiscale grâce à des consultations structurées.
Augmenter l’accessibilité financière des smartphones et les compétences numériques :
mettre en place des programmes d’accessibilité abordable pour smartphones de niveau débutant, étendre les initiatives de littératie numérique, accélérer les plateformes de gouvernement électronique et renforcer les cadres de cybersécurité et de protection des données pour instaurer la confiance.
Moderniser le cadre réglementaire :
accélérer l’examen de la législation sur les communications électroniques, introduire des licences neutres en termes de technologie, établir des cadres pour les services numériques émergents, renforcer la coordination réglementaire de la monnaie mobile et élaborer une Stratégie nationale d’IA alignée sur les priorités continentales.
INFO: GSMA