COTE D’IVOIRE/ MALADIES LIEES AU TABAGISME : DES MORTS EN CASCADES ET UN FARDEAU ECONOMIQUE POUR L’ETAT

DOSSIER

LE TABAGISME EST UN DANGER POUR LA SANTE. PH.DR
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Le tabac est un produit psychotrope manufacturé, élaboré à partir des feuilles séchées de plantes du genre Nicotiana (famille des Solanacées). Riche en nicotine, il est principalement consommé fumé (cigarettes, cigares), prisé ou chiqué. Sa consommation entraîne une forte dépendance et des risques sanitaires majeurs. Plus de 9.000 décès sont enregistrés par tabac par an en Côte d’Ivoire et environ 28 milliards de FCFA sont investis par l’Etat pour la prise en charge des maladies liées au tabagisme. Quels sont au juste les types de tabac consommés ? Quelles sont leurs conséquences sur la santé ? Où en sommes-nous avec la lutte contre ce fléau ?

C’est un produit dangereux pour l’organisme. Selon Ettien Marcel, Chargé de Programme et de Communication de l’ONG Comité/Club Unesco universitaire pour la lutte contre la drogue et autres pandémies (CLUCOD), le tabac est composé de plus de 4000 substances toxiques dont la nicotine, le monoxyde de carbone, les goudrons ainsi que plusieurs additifs nocifs pour la santé.

Pour des chercheurs, le tabac est le principal constituant de la cigarette qui à son tour contient une substance psycho-active qui provoque la dépendance chez le fumeur.

La nicotine est la plus connue. Elle stimule la production de dopamine qui crée une sensation de plaisir.

Quant aux goudrons, ils sont des substances visqueuses qui résultent de la combustion et se logent dans les poumons pour augmenter les maladies du cancer et les maladies respiratoires.

Le monoxyde de carbone est lui, un gaz incolore qui entrave la capacité des globules rouges à transporter l’oxygène. Cela cause le plus souvent des problèmes de santé très graves.

En outre, la cigarette contient du gaz toxique qui comprend des substances dont l’ammoniac et le cyanhydrique qui irritent les voies respiratoires et sont capables de s’accumuler dans le corps humain au point d’endommager des cellules.

D’autres composantes de la cigarette peuvent détruire les reins et le système nerveux. Il s’agit par exemple des métaux lourds (le cadmium, le plomb et le mercure).

LES TYPES DE CIGARETTES ET LEURS CONSEQUENCES

Les types de cigarettes fumées incluent principalement les cigarettes manufacturées (les plus courantes), le tabac à rouler (plus nocif), les cigares/cigarillos, le narguilé (chicha), les cigarettes électroniques classiques rechargeables, les puffs (cigarettes électroniques jetables, préremplies et sans réglage) et les bidies.Selon le site d’informations’’ quebecsanstabac.ca’’, la fumée émise se divise en trois catégories : la fumée primaire (inhalée par le fumeur), la fumée secondaire (tabagisme passif) et la fumée tertiaire (résidus sur les surfaces).

La consommation de tabac sous toutes ses formes entraîne les mêmes conséquences.

Une étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) donne des détails. Il s’agit des risques de cancers (poumons, bouche, gorge, œsophage, estomac et de la vessie).

A cela s’ajoutent les maladies cardio-vasculaires. Car le monoxyde de carbone et la nicotine entraînent la réduction de l’oxygène dans le sang, favorisant l’hypertension, les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

En outre, les problèmes respiratoires deviennent fréquents parce que la chicha provoque des bronchites chroniques, de la toux, des essoufflements, de l’emphysème en raison de la toxicité de la fumée.

Le partage de l’embout de la chicha par les fumeurs peut propager selon notre source, des infections (la tuberculose, l’herpès, les hépatites…).

La chicha crée aussi une forte dépendance similaire à la cigarette.

Selon l’OMS, la chicha est plus nocive que la cigarette.

Car une séance de chicha de 45à 60 minutes permet d’inhaler 100 à 200 fois plus de fumée qu’une seule cigarette.

En plus des dommages physiques cités un peu plus haut, les puffs provoquent des troubles de mémoire, de la concentration et d’apprentissage chez les adolescents qui les consomment.

LE TABAC SANS FUMEE, PLUS DANGEREUX QUE LA CIGARETTE !

Dans la lutte contre le tabagisme, tous les regards semblent tournés vers la cigarette, le cigare, la chicha ; c’est-à-dire les produits du tabac qui dégagent de la fumée à la consommation. L’on oublie le tabac à chiquer (ou à mâcher) souvent en pâtes ou sachets, placé entre la lèvre et la gencive, libérant de la nicotine. Très addictif et contenant plus de nicotine que les cigarettes, il cause selon nos recherches sur ‘’hss.gov.nt.ca/fr’’, de graves cancers de la bouche, de l’œsophage et des maladies cardiovasculaires.

LES DANGERS DU TABAGISME PASSIF

Plusieurs personnes qui ne fument pas de cigarette ou de cigare ou de chicha ou de cigarette électronique pensent qu’elles sont épargnées des dangers que provoquent ces substances.

Elles se trompent. Car lors d’une intervention du Docteur Koffi Brou Dieudonné, Chef des service informations, Education et Communication au Programme nationale de lutte contre le tabagisme, la toxicomanie et l’alcoolisme et autres addictions (PNLTA) dans la presse, il a éclairé la lanterne des populations.

Selon lui, les fumeurs et les personnes non fumeuses qui inhalent la fumée rejetée par les premières personnes citées, sont exposés aux mêmes maladies comme les cancers.

Il précise que le tabagisme est la porte d’entrée de maladies cardiaques, de mauvaise circulation sanguine, d’hypertension artérielle.

Il ajoute que le tabagisme passif est très dangereux pour les enfants à cause de leur jeune âge et surtout la fragilité de leur corps.

En outre, les femmes enceintes sont beaucoup exposées. Car affirme-t-il, le fœtus fait partie du corps humain et le tabac agit sur l’ensemble du corps, des cheveux jusqu’aux orteils.

LA LUTTE CONTRE LE TABAGISME : UNE SI LONGUE HISTOIRE

 Selon le Comité national contre le tabagisme (CNCT), la lutte contre le tabagisme a évolué d’une tolérance sociale totale vers des politiques de santé publique strictes, marquées en France par la loi Veil (1976) et la loi Évin (1991), interdisant la publicité et restreignant le tabagisme dans les lieux publics. Elle vise à réduire la consommation, protéger les non-fumeurs et contrer les stratégies de l’industrie.

Les points clés de l’historique concernent les origines (début XXe – 1950) avec la consommation encouragée, notamment via les rations militaires.

Les premières alertes (années 1950) sont la reconnaissance du tabac comme addiction et lien avec le cancer du poumon.

En 1976, les premières mesures en France ; notamment la loi Veil vise à limiter la publicité et les teneurs en goudron. En 1991, la loi Évin annonce l’interdiction de fumer dans les lieux collectifs, interdiction de la publicité. Cela est renforcé de 2000-2020 par le Décret de 2006 interdisant de fumer dans les lieux publics, augmentation des prix, paquet neutre.

Selon nos recherches, le CNCT joue un rôle majeur en France depuis le XIXe siècle. La lutte actuelle se concentre sur la protection des jeunes, le tabagisme passif et l’accompagnement à l’arrêt.

 LA LUTTE EN COTE D’IVOIRE

 La lutte contre le tabagisme en Côte d’Ivoire a connu un tournant majeur avec la ratification de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte-antitabac (CCLAT) en 2010 et l’adoption de la loi n°2019-676 du 23 juillet 2019, imposant des mesures strictes comme le conditionnement neutre (prévu pour 2025) et l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

A propos du Cadre Juridique et Engagement, après la ratification de la convention-cadre en 2010, le pays a renforcé son arsenal législatif, notamment avec le Protocole pour éliminer le commerce illicite du tabac en 2015.

La loi 2019-676 est la pierre angulaire, encadrant strictement la publicité, la promotion et imposant des avertissements sanitaires sur 70 % des emballages.

Les mesures Concrètes et Intensification sont des descentes du Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres Addictions (PNLTA) ont lieu, notamment à Abidjan, pour veiller à l’interdiction de fumer dans les lieux publics et transports.

Il y a eu un renforcement en 2024-2025 quand la Côte d’Ivoire s’est engagée à appliquer le conditionnement neutre fin août 2025, devenant un modèle régional salué par l’OMS. Le PNLTA et le Dr Koffi Brou Dieudonné ont été récompensés par l’OMS en 2025 pour leur action. Malheureusement, le conditionnement neutre a été reporté.

LE CONDITIONNEMENT NEUTRE DU TABAC 

Le jeudi 24 avril 2025, le Comité/Club Unesco universitaire pour la lutte contre la drogue et autres pandémies (CLUCOD) a organisé en partenariat avec le Réseau des ONG actives pour le contrôle du tabac en Côte d’Ivoire (ROCTA-CI), un atelier sur le lancement du projet d’appui à la mise en œuvre effective et durable du conditionnement neutre en Côte d’Ivoire.

La rencontre a eu lieu au siège du Bureau pays de l’OMS aux 2 Plateaux Aghien.

Elle a réuni plusieurs experts de la lutte anti-tabac dont Lacina Tall, président du ROCTA-CI et Coordonnateur général du CLUCOD, Oumar Coulibaly, Directeur coordinateur adjoint-programme de lutte contre le tabagisme, Soraya Dieng de l’OMS.

Il est ressorti des échanges qu’environ trois ans après l’instauration d’un cadre réglementaire en Côte d’Ivoire, le conditionnement neutre du tabac n’est toujours pas effectif.

Les experts de la lutte anti-tabac ont interpellé le gouvernement et l’ont appelé à plus d’actions en particulier le ministère en charge de la Santé pour faire appliquer la mesure et adopter les textes connexes à la lutte anti-tabac.

Ils ont recommandé ceci : faire respecter strictement l’arrêté fixant les modalités d’application des mises en garde sanitaires du conditionnement du tabac et des produits du tabac, définir urgemment un calendrier clair qui n’excède pas trois mois pour la mise en œuvre effective du conditionnement neutre par les fabricants et importateurs du tabac dont le non-respect devra entraîner l’application de sanctions prévues par l’article 24 de la loi, faciliter la signature de l’arrêté conjoint fixant les attributs, la composition, le fonctionnement, les conditions, les frais de délivrance et les charges de fonctionnement de la Commission d’agréments, mettre en place une loi portant prévention et répression de l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de Santé publique, notamment en matière de lutte anti-tabac en Côte d’Ivoire, intensifier les campagnes de sensibilisation auprès du grand public en impliquant les Organisations de la Société civile.

QU’EST-CE QU’AU JUSTE LE CONDITIONNEMENT NEUTRE ?

Après la rencontre du 24 avril 2025, le CLUCOD est revenu à la charge le 12 décembre 2025 à son siège à Aboboté à cause du retard dans l’application du conditionnement neutre et des dégâts causés par le tabac en Côte d’Ivoire (plus de 9.000 morts en Côte d’ivoire par an, un taux de prévalence passé de plus de 14% à 8,6% de la population totale et à 4,5% chez les jeunes de 13 à 15 ans).

Le tabac est à la base de 12% des cancers de poumons. Ces statistiques ont été publiées par le Comité / Club Unesco universitaire pour la lutte contre la drogue et autres pandémies (CLUCOD) dont Lacina Tall est le Coordonnateur.

Dans le cadre de la lutte contre le tabagisme et surtout l’application du conditionnement neutre, M. Tall s’est adressé à la presse en présence de l’ATCA (Africa Tobacco Control Alliance), ses collaborateurs et plusieurs de ses partenaires.

Selon lui, pour réduire les dégâts causés par la substance, la Côte d’ivoire a mis en place le conditionnement neutre des produits du tabac.

Il a expliqué que le conditionnement neutre est une mesure visant à réduire l’attractivité des cigarettes, notamment pour les jeunes, en uniformisant les paquets (couleur standard, police standard) et en supprimant les logos et le marketing, avec des avertissements sanitaires graphiques en grand format.

Il a ajouté qu’elle s’inscrit dans sa loi anti-tabac de 2019.

Des textes d’application ont été pris pour garantir l’effectivité de la mise en œuvre de cette politique.

Il s’agit du décret n° 2022-75 du 26 janvier 2022 portant modalités d’application des mises en gardes sanitaires ; du conditionnement, de l’étiquetage et de la commercialisation de tabac et des produits de tabac et l’arrêté n°00848/MSHP/CAB du 18 juin 2024, qui fixe les modalités d’application des mises en garde sanitaires et du conditionnement neutre du tabac et des produits du tabac.

Cependant, depuis la prise de ces textes, le conditionnement neutre n’est pas encore effectif en Côte d’ivoire à cause de l’ingérence de l’industrie du tabac à travers des entreprises.

Il a dénoncé alors le comportement des mandataires de cette industrie.

« Nous constatons un arrêt du processus laissant comprendre que l’Etat voudrait accéder aux requêtes des firmes de tabac… », a-t-il fait savoir.

Avant d’ajouter ceci : « C’est pourquoi, nous dénonçons l’attitude du ministère en charge de la Santé de ne pas faire appliquer les dispositions légales prises par lui-même au profit de la volonté des firmes de tabac. »

Tall a aussi appelé le gouvernement à ne point céder aux pressions de toutes sortes d’industries du tabac et à ne pas leur accorder de privilège comme le recommande l’article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac (CCLAT).

Il a invité le ministère du Commerce et de l’Industrie et la direction générale des douanes à interdire la vente des paquets de cigarettes en Côte d’ivoire pour non-conformité aux prescriptions réglementaires sur le conditionnement neutre desdits paquets.

LE COUT DE LA PRISE EN CHARGE DU TABAGISME

En Côte d’Ivoire, le coût de la prise en charge des maladies liées au tabagisme est estimé à environ 28 milliards de FCFA par an pour l’Etat, selon ‘’APIDPM Santé tropicale’’. Il sert à traiter des pathologies comme les cancers, les maladies cardio-vasculaires, les bronchites chroniques. Selon certaines sources, ce montant représente un fardeau économique supérieur aux recettes fiscales générés par la taxe sur le tabac qui s’élève à environ 18 milliards de FCFA par an.

PAR SAMUEL AMANI

 

Trois questions à Lacina Tall, Coordonnateur général du Comité/Club Unesco universitaire pour la lutte contre la drogue et autres pandémies (CLUCOD)

« Le conditionnement neutre sera effectif le 30 août 2026 »

Dans le cadre de la lutte contre le tabagisme en Côte d’Ivoire, nous avons échangé avec Lacina Tall, Coordonnateur du CLUCOD. Il nous a parlé du conditionnement neutre et a annoncé son application imminente.

Parlez-nous du conditionnement neutre qui suscite tant de débat ?

Le conditionnement neutre est en effet, une mesure visant à réduire l’attractivité des cigarettes, notamment pour les jeunes, en uniformisant les paquets (couleur standard, police standard) et en supprimant les logos et le marketing avec des avertissements sanitaires graphiques en grand format. Elle s’inscrit dans sa loi anti-tabac de 2019. Des textes d’application ont été pris pour garantir l’effectivité de la mise en œuvre de cette politique. Il s’agit du décret n° 2022-75 du 26 janvier 2022 portant modalités d’application des mises en gardes, sanitaires ; du conditionnement, de l’étiquetage et de la commercialisation de tabac et des produits de tabac et l’arrêté n°00848/MSHP/CAB du 18 juin 2024.

Qu’est-ce qui retarde jusque-là son application ?

Officiellement, le conditionnement neutre devrait être appliqué le 31 août 2025. Malheureusement ce délai n’a pas été respecté. On était dans une sorte d’impasse. Car les industriels du tabac ont évoqué des moyens techniques, que c’est la première fois que cette mesure va être appliquée en Côte d’Ivoire. Pour nous, ce sont des arguments qui ne tiennent pas. Il faut le reconnaître, ce sont ces industriels qui doivent prendre en charge le conditionnement neutre. Aux dernières nouvelles, nous avons appris qu’une rencontre a eu lieu entre le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle et les industriels du tabac et que des maquettes ont été déposées et validées.

Les blocages sont-ils alors levés ?

Le ministère de la Santé et les industriels du tabac se sont accordés sur la date du 30 août 2026 pour la mise en pratique du conditionnement neutre. Nous pouvons alors affirmer que les blocages sont levés.

Réalisés par Samuel Amani


LES ORGANISMES ÉTATIQUES, RÉSEAU D’ONG ET PARTENAIRES ENGAGES DANS LA LUTTE CONTRE LE TABAGISME EN COTE D’IVOIRE

Selon le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, la lutte contre le tabagisme en Côte d’Ivoire est structurée autour d’organismes étatiques, de réseaux d’ONG et de partenaires internationaux, visant à appliquer la législation anti-tabac (notamment la loi n° 2019-676 du 23 juillet 2019).

LES STRUCTURES ÉTATIQUES ET PROGRAMMES NATIONAUX

Ce sont : le PNLTA (Programme National de Lutte contre le Tabagisme, l’Alcoolisme, la Toxicomanie et les autres Addictions). Il est attaché au ministère de la Santé. C’est l’organe principal. Il coordonne les activités de prévention, de sensibilisation, de soins et de réglementation.

Le ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle émet les décrets d’application (comme l’interdiction de fumer dans les lieux publics) et contrôle la conformité des produits du tabac.

LES RÉSEAUX ET ASSOCIATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE (ONG)

Ils sont composés :

Du ROCTA-CI (Réseau des ONG Actives pour le Contrôle du Tabac en Côte d’Ivoire). C’est la coalition majeure regroupant plusieurs ONG. Il mène des campagnes de plaidoyer pour l’application des lois et dénonce les ingérences de l’industrie du tabac.

Du CLUCOD (Comité/Club Universitaire Unesco pour la Lutte Contre la Drogue, le Tabagisme et l’Alcoolisme) est une organisation très active, notamment en milieu scolaire et universitaire. Elle se spécialise dans la sensibilisation, la recherche et la surveillance de l’industrie.

Du CILTAS-MS (Club ivoirien de lutte contre le tabagisme, l’avortement et le sida en milieu scolaire) dirigé par le Dr Koffi Brou Dieudonné, lauréat du Prix Anti-tabac de l’OMS en 2025.

De l’ANABECI (Association Nationale pour le Bien-Être des Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire) est focus sur la prévention de la consommation de cigarettes, d’alcool et de drogues en milieu scolaire.

LES PARTENAIRES INTERNATIONAUX ET ALLIANCES

Ce sont : l’OMS Côte d’Ivoire (Organisation Mondiale de la Santé)

Elle appuie techniquement et financièrement le gouvernement et la société civile pour la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac (CCLAT).

L’ACTA (African Tobacco Control Alliance / ATCA) est le Réseau panafricain dont sont membres des associations ivoiriennes pour le renforcement des capacités.

PRINCIPALES ACTIONS DE CES STRUCTURES (2024-2026)

Elles concernent : l’application de l’interdiction de fumer ; d’où des campagnes dans les lieux publics, transports, écoles et restaurants, la surveillance de l’industrie avec la dénonciation des tentatives de contournement de la loi, le plaidoyer fiscal par le relèvement des droits d’accise sur le tabac. Et le contrôle de la chicha grâce à des sensibilisations contre ce produit et les nouvelles addictions chez les jeunes.

LE MUTISME DE L’ETAT FACE A LA DEFIANCE DES FUMEURS 

Malgré la législation interdisant de fumer dans les lieux publics par le décret n° 2012-980, certains espaces restent très fréquentés par les fumeurs à Abidjan et à l’intérieur du pays.

Selon des sources bien introduites, les contrôles effectués par le Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (PNLTA) en disent plus.

A Abidjan, de la commune de Port-Bouët à Yopougon, en passant par Koumassi, Marcory, Plateau, les maquis, bars et espaces de loisirs sont des lieux de forte consommation de tabac et de chichas, d’alcool et même de drogues.

Par curiosité, nous nous sommes installés à Marcory Zone 4C dans un bar, le 25 avril 2026 en tant que client.

Malheureusement, nous avons failli être étouffés par la fumée de cigarettes, de cigares et même de chicha.

Pour éviter le tabagisme passif, nous sommes sortis dudit bar, surpris non seulement de cette défiance de l’autorité, de l’impunité dont jouissent ces fumeurs, mais du mutisme de l’État.

Dans les quartiers populaires comme Koumassi, la consommation de tabac est fréquente dans les espaces ouverts, aux abords des maquis et le long des rues, aux yeux des autorités régaliennes.

La situation est pareille aux abords des établissements et gares. Les alentours des lieux de travail sont souvent des lieux de consommation, malgré l’interdiction étendue aux espaces de travail.

Pis, des lieux spécifiques, souvent informels et illicites, pullulent dans les grandes villes comme Bouaké, Yamoussoukro où les fumeurs se retrouvent pour consommer ce poison.

Nous osons croire que face aux dégâts causés par le tabac et dérivés, des dispositions seront prises dans les meilleurs délais pour stopper ‘’l’hémorragie’’.

S.A

S.A