Face à la recrudescence des actes criminels qui secouent la ville, le Commissariat de police et la Coordination régionale de la police de proximité ont initié une rencontre cruciale avec la jeunesse de Katiola, le jeudi 11 juin 2026 à la salle de mariage de la mairie de la ville.
Initiée par le Commissaire Bohkpli Blanchard, chef du service local de la police, en étroite collaboration avec le docteur Kinaya Olivier Ouattara, Coordonnateur régional de la police de proximité du Hambol, cette rencontre visait à impliquer activement les jeunes dans la « co-production » de la sécurité et dresser un état des lieux sans complaisance des menaces qui pèsent sur la ville.
Devant un parterre de représentants des différents quartiers et villages de la localité, le docteur Kinaya Olivier Ouattara a rappelé les fondements de la police de proximité.
« Notre rôle principal est de résoudre les problèmes de sécurité dans un secteur spécifique en travaillant main dans la main avec la population. On ne peut pas avoir de sécurité sans la participation active des citoyens », a-t-il martelé.
Saisissant cette tribune, le Coordonnateur régional a exhorté l’assistance à briser le silence en dénonçant tout comportement suspect. Il a également émis le souhait de voir s’accélérer les travaux de construction du nouveau Commissariat de Katiola, une infrastructure indispensable pour permettre aux agents de travailler dans des conditions optimales.
De son côté, le Commissaire Bohkpli Blanchard a précisé que cette initiative s’inscrivait dans le cadre des instructions fermes du préfet de police de Bouaké, consécutives à une série d’agressions et à une récente découverte macabre.
« L’objectif n’est pas de faire peur aux populations, mais de les rassurer », a précisé le chef de service.
Pour lui, la jeunesse de Katiola constitue un maillon essentiel, un relais stratégique capable de sensibiliser les habitants sur la nécessité de collaborer avec les forces de l’ordre pour garantir la protection des biens et des personnes.
Un climat social lourd, marqué par le drame de la briqueterie Sounan.
Cette mobilisation des autorités policières intervient dans un contexte de vive inquiétude pour les populations locales.
Depuis plusieurs semaines, Katiola fait face à une recrudescence notable de la délinquance.
Lors des échanges, les porte-paroles de la jeunesse ont notamment pointé du doigt le développement de la prostitution de rue sur les axes routiers majeurs, dénonçant la pratique dite du « collage » et divers troubles à l’ordre public. Ils ont souhaité que les autorités locales prennent des arrêtés restrictifs pour mieux encadrer la vie nocturne et faciliter ainsi le travail de patrouille.
Car c’est une affaire bien plus sombre qui a cristallisé les tensions. L’inquiétude est montée d’un cran après le cambriolage de la briqueterie Sounan, dans la nuit du 25 au 26 mai 2026, au cours duquel un veilleur de nuit du nom Kinaya Roger, avait mystérieusement disparu.
Après six jours d’angoissantes recherches, le corps sans vie du vigile a été découvert le 1er juin 2026 sous un dalot.
Selon des sources proches du dossier, l’enquête pour meurtre suit activement son cours. Les forces de l’ordre multiplient actuellement les auditions pour faire toute la lumière sur ce drame qui a profondément traumatisé la communauté.
UN APPEL SOLENNEL A LA VIGILANCE
Au terme d’échanges directs et constructifs, le Commissaire Bohkpli Blanchard, parlant au nom du préfet de police de Bouaké, a réaffirmé la détermination totale de ses hommes à pacifier la ville. Il a conclu la séance par un appel pressant à la vigilance collective, invitant chaque habitant de Katiola à faire preuve de civisme en signalant, en temps utile, tout fait anormal aux services de police.
Désormais, à Katiola, la sécurité n’est plus seulement l’affaire des hommes en tenue, mais un défi collectif que la jeunesse s’est engagée à relever.
W.B