AXE NIAKARA-KATIOLA : UNE ROUTE MEURTRIÈRE, LES POPULATIONS DANS L’INQUIETUDE

LES AUTORITÉS COMPÉTENTES DOIVENT VEILLER A CE QUE CETTE VOIE NE TUE PLUS. PH.W.B
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Avec une succession d’accidents dramatiques ces derniers mois, la portion de la nationale A3 reliant Niakara à Katiola est devenue un véritable calvaire pour les usagers. Entre excès de vitesse, alcoolémie et défaillances techniques, le cri du cœur des riverains invite à un sursaut collectif immédiat.

​La circulation sur l’axe Niakara-Katiola suscite la peur chez les usagers. En cette année 2026, cette portion de la route nationale A3, située dans la région du Hambol, s’est transformée en un lieu de drames routiers à répétition.

L’accident le plus meurtrier a eu lieu le jeudi 11 juin 2026, au niveau du village de Timorokaha (sous-préfecture de Niakara).

Ce jour-là, une collision effroyable a coûté la vie à huit personnes et fait cinquante-quatre blessés, selon des sources sécuritaires et des témoignages recueillis sur place.

​​Malheureusement, ce carnage n’est pas un fait isolé.

Les journées noires de la route se sont accélérées ces dernières semaines.

UN BILAN QUI INTERPELLE

Le 6 avril 2026, un minicar a fait une sortie de route au nord de Katiola, faisant sept blessés.

​Le 26 avril 2026, une collision frontale entre deux poids lourds à Ouanandiékaha (sous-préfecture de Fronan) a fait un mort et deux blessés.

​Le 27 avril 2026, deux motocyclistes ont perdu la vie après avoir percuté un camion en stationnement près de Niakara.

Le 31 mai 2026, toujours à Ouanandiékaha, un camion poids lourd chargé de bidons d’huile a fait une sortie de route à la suite de l’éclatement de son pneu avant droit. La perte de contrôle du véhicule a fait deux blessés et causée d’importants dégâts matériels.

Face à cette série noire, nous nous sommes rendus sur cet axe routier, le jeudi 25 juin 2026, afin de donner la parole à ceux qui la pratiquent au quotidien.

L’INDISCIPLINE ET L’ALCOOL AU VOLANT INDEXES

​Sur le terrain, les avis convergent vers un manque flagrant de responsabilité de plusieurs usagers.

Touré S., cultivateur à Fronan, pointe immédiatement du doigt « l’imprudence et l’excès de vitesse des conducteurs ».

​Pour Koné A., originaire du village de Darakokaha, le mal est encore plus profond.

​« Beaucoup de chauffeurs conduisent dans un état anormal, sous l’emprise de l’alcool. Un contrôle systématique du taux d’alcool est indispensable sur cette voie. »

​Celui-ci invite instamment les Forces de l’ordre à renforcer leur présence et leur rigueur sur le tronçon Katiola-Niakara.

Selon lui, une attention particulière doit être accordée à l’état des pneumatiques et un contrôle strict des permis de conduire pour les conducteurs des engins de deux et trois roues, doit être fait.

​LA VIDEO-VERBALISATION ET LA TOLERANCE ZERO

​Pour endiguer ce fléau, Ouattara L., habitant de Niakara, plaide pour un déploiement renforcé de la vidéo-verbalisation et recommande l’organisation d’au moins deux mois de campagnes de sensibilisation successives sur cet axe pour réapprendre le respect du Code de la route.

​Un avis partagé par Diomandé F., employé d’une entreprise privée dans la région du Hambol, qui en plus, appelle à une fermeté absolue :

​« L’indiscipline des chauffeurs doit être sévèrement punie. Une présence massive et soutenue des agents de sécurité sur cette voie est nécessaire pour freiner les actes de ces conducteurs sans scrupule. »

 L’APPEL A UNE UNION SACREE DES FILS DE LA REGION

Au-delà de la répression, les populations demandent une mobilisation générale et historique de l’ensemble des forces vives des départements de Katiola et de Niakara.

Élus locaux, cadres de la région, associations de jeunes, groupements de femmes et chefferie traditionnelle : tout le monde doit s’impliquer.

Derrière chaque chiffre, ce sont des familles entières qui se retrouvent endeuillées.

L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action collective pour que la nationale A3 cesse d’être synonyme de deuil dans le Hambol.

W.B