AXE BOUAKE – KATIOLA – DABAKALA : LA SURCHARGE DES VÉHICULES, UN PHÉNOMÈNE A LA PEAU DURE

UNE IMAGE DE VÉHICULE SURCHARGE. PH.D'ARCHIVES
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Chaque jour, un nombre incalculable de véhicules de transport en commun empruntent le corridor nord de la Côte d’Ivoire.

Mais sur l’axe reliant Bouaké à Katiola et Dabakala, une pratique dangereuse persiste au vu et au su de tous.

Il s’agit du surnombre de passagers ou la surcharge des véhicules.

Les taxis de 5 places transportent 7 personnes et les ‘’Pic-nic’’ transportent jusqu’à 9 voyageurs, voire plus.

Malgré les alertes répétées des syndicats et de la société civile, la situation persiste.

​Depuis plusieurs années, les usagers de cet axe routier dénoncent le non-respect flagrant des capacités maximales autorisées.

Devenue une habitude, cette pratique expose les voyageurs à des conditions de transport éprouvantes et indignes.

« Souvent, quand tu effectues le trajet Dabakala – Bouaké, tu arrives à destination avec des douleurs aux pieds et des courbatures. Ce n’est pas normal», déplore Coulibaly D., un habitant de Dabakala qui plaide pour une intervention ferme des autorités.

Rencontré le vendredi 17 juillet 2026, jour de marché à Katiola, Ouattara B., commerçant local, ne mâche pas ses mots :

« Le surnombre dans les véhicules de transport en commun est un délit puni par la loi. Nous demandons aux forces de l’ordre de faire appliquer la réglementation sans état d’âme. »

Pour lui, il est important que les transporteurs prennent conscience des risques professionnels et humains qu’ils font courir à leurs clients.

LE SPECTRE DE L’ACCIDENT ET LE PIÈGE DES ASSURANCES

Au-delà de l’inconfort, c’est la question de la sécurité qui cristallise les angoisses.

Mme Yéo S., employée dans une entreprise privée de la région du Hambol, insiste sur ce point crucial : « L’argent, c’est bon. Mais la vie humaine est encore mieux. Si un véhicule de 7 places en prend 10, vous êtes en infraction. Et ce que les chauffeurs semblent oublier, c’est qu’en cas d’accident, l’assurance ne couvre que 7 personnes. »

L’ARGUMENT DES TRANSPORTEUR

Sous le sceau de l’anonymat, un chauffeur de taxi accepte de livrer sa part de vérité.

Tout en se disant conscient des risques, il justifie ces surcharges par des impératifs financiers.

« Le prix du carburant est élevé, nous devons payer les postes de péage, et souvent trouver des « arrangements » avec les Forces de sécurité sur la route », confie-t-il.

Avant d’ajouter ceci : « Si nous respections strictement le nombre de places, il faudrait augmenter le tarif du transport. Ce que les usagers n’accepteront pas. »

Pour sortir de cette impasse, il souhaite une baisse significative du coût du carburant à la pompe.

DES CONTRÔLES INEFFICACES MALGRÉ LA « TOLÉRANCE ZÉRO »

​Face à la situation, une question taraude les esprits. Les conducteurs sont-ils au-dessus de la loi ?

Pour rallier Katiola ou Dabakala depuis Bouaké, les véhicules traversent obligatoirement le corridor nord en passent par plusieurs postes de contrôle sans être inquiétés.

​Pourtant, l’État ivoirien a instauré depuis quelques mois, la « Tolérance Zéro » sur les routes, appuyée chaque mois par la Semaine nationale de la sécurité routière.

Ces campagnes de sensibilisation et les menaces de répression sont foulées aux pieds.

UN APPEL PRESSANT A LA FERMETÉ DE L’ÉTAT

​À la veille de la célébration de la fête de l’indépendance à Katiola, chef-lieu de la région, l’attente est immense.

Syndicats, société civile et usagers unissent leurs voix pour exiger que les promesses de lutte contre l’insécurité routière se traduisent en des actes concrets.

​La surcharge dans le transport en commun en zone rurale et interurbaine n’est pas une fatalité.

Sa résolution nécessite une volonté politique claire, des corridors véritablement hermétiques aux pratiques de corruption et une application rigoureuse de la loi.

Les usagers du Hambol attendent désormais que l’État prenne ses responsabilités pour mettre fin à ce qui est devenu, au fil des ans, une pratique inacceptable.

W.B